Il y a des choses qui refusent de se dire avec des mots. Elles restent là, en dedans, à chercher une sortie. Pour moi, c'est la peinture qui leur en offre une.
Dans ma tête est née de ce besoin-là, une série qui a pris forme au fil d'un cheminement intérieur vers la guérison, étalé sur les deux dernières années. Aujourd'hui, elle compte 13 toiles, chacune indépendante, chacune porteuse d'une émotion précise, d'une trace de ce que j'ai vécu, d'un fragment de mon histoire qui s'est déposé sur la surface.
Tout a commencé sans que je le sache, lors de mon deuxième atelier créatif. Je ne savais pas encore que je venais de peindre la première toile d'une série qui allait devenir bien plus grande que moi. Cette toile, je l'ai appelée Résilience, et elle montre une fleur de lotus.
Le lotus, c'est un symbole qui me touche depuis toujours : cette fleur qui pousse dans la boue, dans l'eau trouble, et qui s'ouvre malgré tout, intacte, presque défiante. Fleurir même dans l'adversité. Je n'avais pas planifié d'en faire le point de départ d'une série, mais avec le recul, il ne pouvait probablement pas y avoir de meilleur premier tableau pour ce qui allait suivre.
À travers les 12 autres toiles qui ont suivi, j'ai continué d'ouvrir les portes de mon monde intérieur : les tempêtes que j'ai traversées, les moments où tout a basculé, et ces éclats de lumière qui ont fini par percer.
C'est ma vulnérabilité, posée là, sans artifice. Et si je partage tout ça aujourd'hui, ce n'est pas pour qu'on regarde simplement des toiles, c'est dans l'espoir que quelqu'un, en les regardant, se reconnaisse un peu dans sa propre vulnérabilité. Que ces œuvres lui rappellent que ce qu'il porte en silence, lui aussi, a le droit d'exister et peut-être même de fleurir.
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